RETRAITES TITULAIRES 




Les fonctionnaires territoriaux relèvent de deux régimes de retraites :
• Le régime spécial de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) pour les agents titulaires effectuant plus de 28h de travail hebdomadaire (on dit seuil d’affiliation).
• Le régime général de la sécurité sociale, assorti d’un régime complémentaire dispensé par l' Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l’État et des collectivités publiques (Ircantec).
Le présent article ne se consacre qu’au régime spécial (CNRACL) applicable le plus généralement aux agents statutaires.

      Consulter également le guide 2006 édité par la CNRACL  

 

L'admission à la retraite

L'admission à la retraite intervient soit sur demande de l’intéressé (formulée par écrit six mois à l’avance), soit d’office en cas d’atteinte de la limite d’âge, de sanction ou de radiation des cadres pour invalidité. Deux conditions doivent être remplies pour bénéficier d’une pension : avoir atteint l’âge de la retraite et avoir une certaine ancienneté de service.
• L’âge de la retraite est généralement de 60 ans pour tous les emplois “sédentaires”. Ne sont pas sédentaires les emplois expressément classés dans la catégorie “active”, pour lesquels la retraite est à 55 ans, voire 50 ans pour les agents qui occupent un emploi des réseaux souterrains des égouts ou des services classés insalubres par décret. Bénéficie ainsi d’une retraite à 55 ans les agents de salubrité exerçant les fonctions de fossoyeur, égoutier, éboueur, agents de service de désinfection ; les agents techniques dont la fonction principale entraîne des risques particuliers ou des fatigues exceptionnelles (tels les couvreurs, forgerons, scaphandriers…) ; les agents de police municipale ; certains agents de la filière médico-sociale (infirmiers, manipulateurs des services de radiologie…).
Des cas particuliers concernant l’âge de la retraite, (et sous réserve d’avoir accompli 15 années de services) s’appliquent à :
- Quel que soit leur âge, aux mères de trois enfants vivants ou décédés par fait de guerre ; aux mères d’un enfant vivant âgé de plus d’un an et atteint d’une invalidité égale ou supérieure à 80 %.
- Quel que soit leur âge, aux fonctionnaires atteints d’une infirmité ou d’une maladie incurable dès lors que celle-ci les place dans l’impossibilité d’exercer une activité professionnelle, ou si leur conjoint se trouve dans la même position.
- Entre 55 et 59 ans, aux fonctionnaires atteints d'une incapacité permanente au moins égale à un taux de 80%.
- Dès 50 ans pour les fonctionnaires élus à un siège de député ou de sénateur. Notons que la réglementation européenne, confortée par la jurisprudence des tribunaux administratifs va vers la suppression des inégalités de droits entre hommes et femmes.
• La limite d’âge supérieure d’admission à la retraite (âge au-delà duquel on ne peut prolonger l’activité) est de 65 ans pour les agents 'sédentaires', 60 ans pour les “actifs” et 55 ans pour les agents dont l’emploi présente un caractère d’insalubrité. Les fonctionnaires qui ne disposent pas du nombre de trimestres donnant droit à une pension à taux plein, peuvent demander un recul de la limite d’âge. Cette possibilité est ouverte sous réserves des nécessités de service, à condition d’y être physiquement apte, et dans la limite de 10 trimestres.
• La durée des services. À l’exception de l’invalidité, le droit à pension CNRACL n’est acquis qu’après 15 années accomplies de services civils et militaires. Ne sont pas prises en comptes les années où le service n’est pas effectif (disponibilité, hors cadre, congé parental). Les exercices validés de droit sont ceux effectués en qualité de fonctionnaire en activité (y compris temps partiel et stagiaire) ou de détachement et les services militaires ou assimilés.

 

 

Le montant de la pension

 

La pension est calculée sur la base du traitement brut de l’échelon effectivement détenu depuis 6 mois lors de l’admission à la retraite. Elle est proportionnelle au nombre de trimestres de cotisations. Le nombre de trimestres pour l’obtention d’une retraite à taux plein était de 150 en 2003. Ce nombre augmente de 2 chaque année, pour atteindre 160 trimestres en 2008.
Un fonctionnaire ayant atteint le maximum de trimestres liquidables bénéficie d’une pension égale à 75 % du montant brut de son dernier salaire. Une décote de 5 % par année manquante (dans la limite de 5 ans) est appliquée à la pension des fonctionnaires qui demandent leur retraite avant la limite d’âge et qui ne totalisent pas 160 trimestes de cotisations (publiques ou privées). À l’inverse une surcote de 3 % par année est appliquée à la pension des fonctionnaires qui prolongent leur activité au-delà de 60 ans et de 40 annuités. Les fonctionnaires (hommes ou femmes) ayant élevé au moins trois enfants bénéficient d’une majoration de pension de 10 % pour les trois premiers enfants (ensemble) et de 5 % pour chacun des enfants au-delà du troisième. Le montant de la pension ne peut être inférieur à un minimum garanti. Les pensions sont payées mensuellement et leur montant est indexé sur l’indice des prix à la consommation (série hors tabac).

 

 

La retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP)

 

Un régime de retraite obligatoire et additionnel, par répartition et par point, est créé à compter du 1er janvier 2005. Ce régime dénommé “retraite additionelle de la fonction publique (RAFP)” a pour objet de permettre aux fonctionnaires d’acquérir des droits à retraite sur des éléments de rémunération qui ne sont pas pris en compte par le régime de retraite de base de la CNRACL ou le régime des pensions civiles et militaires. Les agents qui ne relèvent pas du régime de la CNRACL ou du régime des pensions civiles et militaires sont exclus du bénéfice du RAFP.
L’assiette des cotisations est constituée par l’indemnité de résidence, le supplément familial de traitement, les primes et indemnités, et les avantages en nature. Elle est plafonnée à 20 % du traitement indiciaire brut total de l’année. Au-delà de cette limite, le fonctionnaire n’acquiert aucun droit à retraite additionnelle. Le taux globlal de cotisation est fixé à 10 %, reparti par moitié entre l’employeur et le bénéficiaire.

 

 

La cessation progressive d'activité (CPA)

 

La CPA a été instituée pour encourager les fonctionnaires les plus âgés à exercer leurs fonctions à temps partiel, afin de favoriser le recrutement de nouveaux fonctionnaires.
Cette mesure s’applique aux fonctionnaires titulaires à temps complet, âgés de plus de 57 ans (56 pour 2005, 56 ans 3 mois pour 2006, 56 ans 6 mois pour 2007) ne pouvant prétendre à une retraite immédiate, qui justifient de 33 années de cotisations au titre du régime CNRACL ou d’un autre régime de base obligatoire d’assurance vieillesse, et ayant accompli 25 ans de service en qualité de fonctionnaire ou d'agent public. La CPA est subordonnée à un accord de l’autorité territoriale.
Le fonctionnaire en CPA est soumis aux règles applicables aux agents à temps partiel. Les bénéficiaires ont le choix entre :
• une activité dégressive de 80 % pendant deux ans (rémunération égale à 6/7 du traitement) puis à 60 % (rémunération égale à 70 % du traitement);
• une activité fixe à 50 % (rémunération égale à 60 % du traitement).
Les agents en CPA ont la possibilité d’opter pour un régime de surcotisation, afin de valider des services à temps complets pour leur droit à pension.

 

 

Le congé de fin d'activité

 

Le congé de fin d’activité est destiné à favoriser le recrutement de nouveaux fonctionnaires par le départ anticipé d’agents titulaires et non titulaires proches de la retraite. Il n’ouvre pas droit à pension de retraite, mais au versement d’un revenu de remplacement (75 % du salaire brut pour un titulaire ou un revenu minimum de 754,59 euros valeur 1/11/2001 indexée sur l’indice 100 de rémunération). Ce revenu est servi par la collectivité employeur qui est ensuite remboursée sous condition de recruter un nouvel agent dans les six mois qui suivent. Le congé de fin d’activité est ouvert aux agents titulaires et non-titulaires nés avant le 31/12/1946 et qui remplissent les conditions suivantes :
• Pour les agents nés entre le 1/01/1943 et le 31/12/1944, justifier de 37 ans et 6 mois de cotisations à un régime de retraite de base obligatoire, dont 25 ans de services militaires et civils effectifs accomplis en qualité de fonctionnaire ou d’agent public.
• Pour les agents nés entre le 1/01/1943 et le 31/12/1946, justifier de 40 ans de cotisations à un régime de retraite de base obligatoire, dont 15 ans de services militaires et civils effectifs accomplis en qualité de fonctionnaire ou d’agent public.

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